2nd prix attribué à mademoiselle Julie M. (54)

Les Histoires Extraordinaires de nos gagnants

encrier

2nd prix attribué à mademoiselle Julie M. (54)


« Le jour pointait à peine le bout de son nez et le sommeil m’avait depuis longtemps abandonné. Je me trouvais dans cet état où la mémoire est infiniment claire et le présent incertain. Il est agréable de rêver dans ces conditions et de revenir sur les derniers épisodes de ma vie qui m’ont amené à me trouver dans cette situation. »

 

J’ai rêvé…J’étais une plante carnivore, décidée à changer de cap et de régime alimentaire. Il est minuit dans ce jardin botanique, et je décide finalement de faire mon dernier voyage pour boire une tasse de voyageurs lointains, en sortant les odeurs de songes que contiennent les photos des regards d’étrangers, des mains d’inconnus et du passage des autres.

 

Ce chemin est envoûtant… Je l’imagine au goût chaud et savoureux des fruits sous un soleil tropical, qui accompagne le jour jusqu’à la nuit – caressés par des vagues incertaines lorsqu’elles s’aventurent sur la peau et dans le cœur des amants…

 

Ces derniers enlacés sous la protection du sein de Dame Terre, lorsqu’ils attendent le dernier transport accompagné par un pierrot de Lune qui redoute l’instant où il sera temps de céder le pas au retour du logis.

 

Comment vous expliquer l’union de mon ressenti et mon objectif de traversée lorsque les poésies de la vie sont dans ma ligne de mire ? Quoi d’autre qu’une vague odeur de sang oubliée, pour laisser place aux beautés de la nature et de ces éléments nocturnes ?

 

En murmurant pour moi-même dans un semi sommeil ce mot qui me hante : Existence.

 

Que voulez vous que j’écrive sur un mot qui est encore plus essentiel que l’étendu de ma destination ? Arrivez-vous, vous-même à mettre des mots sur vos mots ? Des noms sur les noms ?

 

Alors je me lève, je pars au milieu de marais, de tourbières, de parois rocheuses…

 

Tout en apercevant ces visages qui me regardent à semi étonné ; ils pensent que je cours contre le temps, c’est sur ; et pourtant je cours avec le temps, c’est lui qui m’entraîne et qui agite mes sens, je cours à en perdre l’équilibre.

 

Mes racines glissent dans la terre, geste rassurant où l’on se reconnaît comme un être primitif, à l’image des mêmes émotions du stade premier, comme l’enfant qui, si on ne venait pas pervertir sa vision du monde, resterait dans cet état sauvage, proche de tous ces éléments dont il fait partie.

 

Que j’aime à être ponctuel ! 
Halé par les flots des langueurs, 
Et par mes chers promeneurs, 
Je t’ouvre mon cœur, cher réel ! »

 

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